Quand on arrive sur la Plage de Petite Anse, à côté de Bouillante, on tombe sur une petite guérite toute colorée. Quelques tables un peu classes sellées sur la terrasse, une peinture au thème du zion, et tout un tas de décos de pêche et de mer en pendant un peu partout. De la sort un robuste bonhomme, une force tranquille. José. De suite, retrouvailles chaleureuses ; Max l’avait croisé au hasard d’une course et aidé à prendre une mesure sur sa terrasse.

Pour notre part, nous découvrons cet homme passionnant à l’âme riche et généreuse. José nous offre une première bière, et nous bavardons un peu. Notre bateau est mouillé dans la baie de petite anse, nous revenons de la Dominique et avons fait halte ici par hasard ; nous y resterons plusieurs jours, retenu en parti par la sympathie de José.

Avec Monette, sa complice et amie de longue date, José monte ce petit restaurant de spécialités créoles en 2009. En parallèle, il lance un petit bar de pêcheurs avant Malendure. Infatigable José.

Sa jeunesse, il la passe ici en Guadeloupe dans une entreprise de transport de matériaux d’abord. Ensuite il coupe du bois pour le charbon, ça ne marche pas fort. Il se doit un temps de voler du sable sur les plage pour le revendre ; il faut bien se nourrir. Il trouve alors une place à l’ONF en tant que chauffeur de personnel. Il y restera trois ou quatre années. C’est là qu’il s’associe avec un professionnel de la pêche aux gros. On est à la fin des années 90. José pêche alors à Montserra, Saint Martin, Antigua, etc. Pendant dix ans, il voyagera grâce à la pêche, se liera d’amitié avec, entre autre, Carlos, (le chanteur aux chemises colorées), avec qui il sortait souvent en bateau.

En 2008, il décide de monter une pizzéria. Pour aider un jeune métropolitain en difficultés, il lui propose de gérer l’affaire. 2008, c’est la période des grèves en Guadeloupe. La vie y est très cher, l’essence hors de prix, et plusieurs syndicats font pression pour que l’île aligne ses prix sur ceux de la métropole.

Alors que les grèves immobilisent le pays, José rend la situation profitable. Quand presque tous les commerces tournent au ralentit faute de livraison, José se fait livrer tout le nécessaire par la mer grâce à un ami de Basse-Terre. Il fait alors une moyenne de trois fois vingt cinq couverts soir. Soit presque trois mille euros de chiffre d’affaire par jour. Tout Malendure venaient goûter à la convivialité que José sait apporter. Les clubs de plongée s’y retrouvaient, y fêtaient leurs anniversaires et les fins de saisons. Le touristes affluaient.

José est un enthousiaste ; il est porté vers l’avenir, le positif. « Le tourisme est une bonne chose, c’est ça qui apporte de l’eau au moulin » déclare t’il quand quelques sceptiques ronchonnent contre l’affluence des « métros ». « Le racisme, quel qu’il soit, on en a pas besoin. Le passé c’est le passé. On s’en souvient, mais il faut avancer maintenant et créer un avenir plus beau. Et ça se fait avec de l’amour. » Ajoute t’il.

De l’amour, José en regorge. Pour les enfants d’abords, qu’il aime a porter à ses genoux pour leurs arracher quelques mots timides et souriants. José, c’est le tonton, l’ami, le grand bonhomme protecteur et joyeux. Ses yeux sourient et pétillent. Il émane de sa personne une profonde gentillesse et générosité.

Nous avons convié tous nos amis de Malendure à une soirée chez José, et avons été surpris que tous le connaissait bien. José c’est l’ami de tous, le grand père, le frère… Une âme dans tous les cas que nous avons été enchanté de rencontrer. Encore une personne qui nous conforte dans notre voyage, notre désir de partage et d’amitié avec les bonnes personnes de ce monde…


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