De Attika à Walden… l’histoire d’un bateau qui renaît !

Au point de départ de l’aventure, l’achat du bateau. Il nous aura fallu une saison pour réunir les fonds et trouver le voilier de nos rêves ; notre complice invétéré. Ce sera un Carter 33 qui se trouvait au port de la Ciotat.

Ce Carter de 1973, baptisé Attika, fût l’un des tout premiers de la série. Bateau robuste, marin et au charme indéniable, il nous a tout de suite tapé dans l’œil. Hélas, les propriétaires précédents n’ont pas vraiment soigné ce bateau d’exception autant qu’il le méritait et nous l’avons acheté alors qu’il avait passé plus d’un an avec son intérieur baignant dans 40 cm d’un mélange d’eau, d’huile moteur et de gasoil. Les cloisons étaient bouffées par l’humidité, les varangues pleines d’eau et percées de trous ; le moteur, soit disant en état, ne l’était vraiment pas.

Absence de pompe de cale en pied de mât 
L’eau se propage partout dans le bateau
Cockpit bricolé, haussières pourris, fond de baignoire fissuré…

Nous avons donc passé un peu plus d’un mois à la Ciotat afin de rendre le bateau à peu près navigable pour le convoyer jusque Cavalaire, où nous avions réservé le port.

Le convoyage s’est bien déroulé jusqu’au cap Benat, pointe fermant la baie du Lavandou, où l’inverseur nous a lâché (l’eau de refroidissement se mélangeait à l’huile pour faire une sorte de mayonnaise qui lui fut fatale). Entrée au port du Lavandou à la voile, en slalomant entre les barges d’où était lancé le feu d’artifice (eh oui, nous étions le 31 décembre). Arrivée applaudie au ponton d’accueil, accompagnée d’une coupe de champagne offerte par l’équipage du bateau voisin. Soirée du 31 mémorable.

Le lendemain, après moins de deux heures de sommeil, nous avons repris la mer avec un sérieux mal de crâne, profitant d’un vent favorable à une sortie de port sans moteur. Navigation mouvementée et rude pour nos estomacs en ce lendemain de nouvel an, puis entrée de nuit, sans moteur et sans air au port de Cavalaire. Nous y sommes restés six mois durant lesquels nous sommes allés de découverte en découverte en commençant à travailler sérieusement sur le bateau (ponçage et re-stratification des parties critiques tout en vivant à bord).

Après un changement d’inverseur (berceau moteur refait car inclination moindre du nouvel inverseur) nous avons rejoint le Lavandou pour notre saison d’été, où nous rentrions du travail en canoë pour rejoindre des mouillages paradisiaques qui nous faisaient presque oublier les 75 h par semaine que nous faisions alors ; JB en temps que barman et Max en temps que surveillant de plages et pizzaiolo.

Mouillage au fort de Brégançon
Couché de soleil depuis le port du Lavandou

Fin de saison sur les rotules, à redoubler d’efforts dans la préparation du bateau, re-baptisé Walden durant l’été, afin de marquer le début d’une nouvelle vie pour ce bateau qui peu à peu se refait une santé.

Avant notre départ pour la Bretagne, nous avons totalement refait l’électricité, la plomberie, construit une baille à mouillage qui était inexistante, changé le pataras, posé un étai largable, des cadènes d’écoutes de GV et changé de moteur (le 2002b nous a lâché et nous l’avons remplacé par un 2003 qu’un ami nous a vendu à bon prix). Nous avons également refait tout le cockpit, ainsi qu’une timonerie fixe (fabriquée trois jours avant le départ, en tenon mortaise), refait une grosse partie du safran (la mèche se désolidarisait du safran ; travaux effectués à l’arrière du bar où je travaillais) et de nombreux autres petits travaux.

Réfection du safran dans un atelier improvisé, juste derrière le bar où je travaillais

Mi-octobre, Walden fut enfin prêt pour remonter en Bretagne, par Gibraltar. Une première grande expérience de navigation pour nous. Et des rencontres prometteuses…

Mise en place d’une cadène de mât pour un étai largable
Construction d’une baille à mouillage isolée

Seconde étape : les carénages en Bretagne

Arrivés fin novembre 2014, nous avons poursuivit les travaux lors de deux carénages en Bretagne, au chantier Billie Marine à Hennebont. Nous avons pu entreprendre de plus gros travaux de manière un peu plus confortable qu’en habitant à bord.

Premier carénage en 2015, avec une grosse réfection de la coque, un traitement anti-osmose, ainsi qu’une peinture de pont (bon on s’est un peu planté sur la couleur, souhaitant un beige, on a fini avec un jaune moutarde ; mais il s’est quelque peu estompé depuis). Changement bague hydro-lube et vernis extérieur.

Troisième et dernière étape avant le départ : préparation pour le grand voyage

Dernier carénage avant le départ, nous nous sommes concentrés sur les parties structurelles (mât, safran, moteur) et la partie confort (chose qu’on avait laissée de côté jusqu’alors). Nous avons donc refait toutes les peintures intérieures, tous les vernis (intérieur-extérieur), finalisé le tableau électrique, conçu des espaces de rangement, changé la moquette vieille de quarante ans, modifié la bibliothèque, amélioré les pompes de cales, réalisé de nouvelles mousses, investi dans une seconde réserve d’eau, etc.

Gros travail sur la mèche de safran
Le safran de nouveau renforcé ; malgré qu’on soit en Bretagne, nous devons parfois abriter le chantier des rares averses
Pauvre Walden ; mais pour bien travailler, il faut tout mettre à nu !
Atelier vernis improvisé
Peintures et vernis flambants
Dernière étape : remâtage et repose du moteur révisé et re-culassé

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